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 Sources :

- les notions qui suivent sont un résumé tirées de réf.3, Rosling "Factfulness", chap.8 "The single perspective instinct",  chap.10 "The urgency instinct" et chap.11 "Factfulness in practice".

- elles sont complétées par des citations tirées de réf.4, Riocreux "La langue des médias",

 

A qui faire confiance pour se construire une vision du monde basée sur les faits et la moins déformée possible ?

 

 

1. Les médias :

 

Selon Hans Rosling, former sa vision du monde en se fiant aux médias, c'est comme se former une idée d'une personne en ne regardant qu'une photo de son pied.

 

Ce n'est pas que nous devions attribuer aux journalistes de mauvaises intentions, mais nous devons comprendre pourquoi ils nous présentent une vision aussi distordue du monde. Ils ne "mentent" pas quand ils produisent des rapports dramatiques sur un "monde divisé", ou sur "la nature qui se venge", ou sur une crise de population. Ils ont les mêmes méga-illusions que tout un chacun, et pour la plupart c'est en toute bonne foi qu'ils nous abreuvent de nouvelles dramatiques.

 

Même avec une presse libre, professionnelle, à la recherche de la vérité, qui se dit indépendante, cela ne veut pas dire qu'elle est représentative de la réalité. Même si chaque reportage est vrai, ils peuvent créer une image globale trompeuse résultant de la somme des histoires vraies qu'ils choisissent de raconter.

 

Les médias ne sont pas et ne peuvent pas être neutres et nous ne devons pas nous attendre à ce qu'ils le soient. Nous devons plutôt chercher à comprendre, au-delà du fait que, individuellement, les journalistes sont des êtres humains avec les mêmes instincts de dramatisation que tout le monde, quels sont les facteurs systémiques qui les encouragent à produire des informations biaisées et exagérées, en partie parce qu'ils sont soumis à une rude concurrence pour capter l'attention de leurs lecteurs - auditeurs - spectateurs.

 

Il faut bien passer par les médias pour s'informer, mais nous ne devons pas attendre d'eux qu'ils reflètent exactement la réalité.

 

A ces considérations, Ingrid Riocreux ajoute un élément supplémentaire. Elle souligne que "l'information est un discours à travers lequel nous avons accès aux évènements, et qu'il ne faut pas croire que l'évènement constitue l'information : celle-ci est la mise en mots de l'évènement" (ref.4, emplacements 19)... "Elle porte nécessairement la marque de son énonciateur parce qu'elle résulte d'une multitude de choix plus ou moins conscients qui président à sa formulation ..." (ref.4, emplacement 48)

 

"Prenant pour des données objectives et évidentes des opinions qui sont en fait identifiables comme des points de vue propres à des courants de pensée, le journaliste contribue à répandre une doxa faites de préjugés, de stéréotypes et de présupposés qui sont au fondement des croyances de notre société ..." (ref.4, emplacement 67) . Ce faisant, le journaliste se fait, souvent inconsciemment, la courroie de transmission des "idéologues" (ref.4, emplacement 700) (voir 4 ci-dessous).

 

Ingrid Riocreux regrette que l'enseignement des techniques du discours, la "rhétorique" ait quasiment disparu du cursus de nos écoles. "Inventée par la démocratie Grecque, ayant atteint son apogée sous la république Romaine, la rhétorique était l'instrument fondamental de l'égalité entre les citoyens, car l'égalité de l'accès à la parole fut de tout temps la condition sine qua non du bon fonctionnement de la démocratie"... "Aujourd'hui, avec le développement des médias de masse, l'individu est sans cesse soumis à une rhétorique de la parole et de l'image sans aucun moyen d'analyser les stratégies mises en oeuvre pour le convaincre, de repérer leurs limites, et, éventuellement d'y résister." (ref.4, emplacements 4745 à 4760)

 

Comme dit Hans Rosling, il faut bien passer par les médias pour s'informer, mais, comme le dit Ingrid Riocreux, "il faut apprendre à écouter, à regarder, à lire en arrachant les oeillères de l'idéologie pour libérer un esprit critique qu'il faut s'efforcer de maintenir perpétuellement en éveil." (ref.4, emplacement 5190)

 

2. Les experts :

 

Il faut se rappeler qu'un expert ne l'est qu' à l'intérieur de son domaine. Lorsque ce domaine est flou et mal circonscrit, il faut se méfier (qu'est ce qu'un politologue par ex, un spécialiste de science politique, un consultant en communication politique, un sondeur, un simple commentateur ... ?)

 

Par ailleurs, si dans un domaine, les experts ne sont pas d'accord entre eux, c'est que, soit il n'y a pas assez de données, soit il n'y a pas de solution simple.

 

Enfin, il faut aussi se ,demander si un expert n'a pas un agenda caché, par exemple s'il a une dépendance financière pour sa recherche.

 

3. Les activistes :

 

Selon Hans Rosling, des activistes "éduqués" et sincères peuvent être effectivement des moteurs d'amélioration du monde.

 

Mais certains se présentent comme experts dans le domaine auquel ils se sont attachés, alors qu'ils ne le sont pas. Presque tous les activistes , délibérément ou pas, exagèrent le problème auquel ils s'attaquent, et ce faisant ils ignorent parfois les progrès auxquels ils ont eux-mêmes contribué. Ils ont tendance à ramener tous les problèmes du monde à leur domaine.

 

Par ex, beaucoup d'activistes sont convaincus que le seul problème global important est celui du changement climatique et ont pour pratique de tout blâmer sur le climat. Ils s'emparent de tous les soucis les plus immédiatement choquants du jour - la guerre en Syrie, ISIS, les attaques de requin, le virus Ebola, le Sida ... - enfin tout ce qu'on peut imaginer, pour en attribuer la cause au changement climatique et augmenter le sens de l'urgence à propos du problème à long terme.

 

Parfois, c'est basé sur des preuves scientifiques, mais le plus souvent seulement sur des hypothèses extrêmes et non prouvées. Le concept le plus sujet à caution est celui de "réfugié climatique", alors que le lien entre changement climatique et migrations est objectivement des plus ténus. Il s'agit d'une exagération délibérée destinée à transférer la peur des migrants sur la peur du changement climatique, afin d'agrandir la base du public qui soutient la réduction des émissions de CO2. Ces activistes sont convaincus que la fin justifie les moyens.

 

La conséquence négative de ce "stress marketing" entretenu par beaucoup d' ONG, c'est que les causes principales des problèmes globaux que sont les guerres, la pauvreté, les migrations, les épidémies ... sont ignorées ou sous-estimées, affaiblissant notre capacité à agir contre elles.

 

4. Les intellectuels et idéologues :

 

Selon Ingrid Riocreux, l'intellectuel honnête nous propose une vision du monde à laquelle nous sommes libres d'adhérer ou pas. Avec lui, on sait à quoi s'en tenir.

 

Mais un intellectuel peut dégénérer en idéologue. "L'idéologie n'est pas la pensée d'un individu; elle est le fait que cette pensée se situe dans un "déjà pensé", qui la détermine à son insu. Le danger se situe plutôt dans le langage du journaliste, qui se fait la courroie de transmission, souvent inconsciente, des idéologues." (ref.4, emplacement 910)

 

5. Les hommes politiques :

 

Selon Ingrid Riocreux, les journalistes, et probablement une partie du public, "ont totalement accepté le fait que presque tous les hommes politiques veulent le pouvoir en lui-même, et que le discours et les opinions dont ils s'embarrassent constituent seulement un passage obligé et stratégique pour parvenir à leur fin." ...

 

"ll faut donc comprendre que, pour ces hommes politiques, le monde de l'information constitue le champ de bataille où s'affrontent des egos ambitieux qui tentent des stratégies de discours différentes suivant les périodes et selon les manoeuvres des adversaires. Seul leur importe le résultat , càd le rendement électoral."(ref.4, emplacement 2981)

 

Il faut être conscient de cela quand on écoute leurs discours.

 

 

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