Conférence de Madame Sara Lammens, Directeur Général de la KBR le 4/09/2019

Sara Lammens, Directeur Général de la KBR Sara Lammens, Directeur Général de la KBR

Madame Sara Lammens le 4 septembre 2019.

Le 4 septembre 2019, à l’invitation de « Belgium For Success », Madame Sara Lammens, Directeur Général de la KBR (Bibliothèque Royale de Belgique - Koninklijke Bibliotheek van België), a présenté de façon passionnante "la richesse méconnue de la KBR, une expérience unique en Belgique pour accéder à des savoirs exceptionnels", devant une audience très intéressée au B19 à Uccle.

Faire de la KBR un outil du rayonnement de la Belgique et ainsi contribuer à sa compétitivité, tel est le défi qu’elle avait relevé en prenant la direction de ce vénérable organisme.

Voici notamment quelques extraits d’un interview qu’elle avait donné à l’Echo en mars 2019.

« Mais comment moderniser une bibliothèque? Comment faire basculer dans le futur un lieu qui, par principe, a pour fonction de garder le passé? … Dans un monde en pleine mutation et en proie à l’instabilité, c’est le rôle de la bibliothèque au sein de nos sociétés qu’il faut repenser entièrement. … Au niveau international, toutes les bibliothèques nationales sont confrontées à ces mêmes problématiques … « 

Elle a donc partagé avec l’assistance sa réflexion.

Elle a commencé par brosser un tableau de la situation actuelle, en rappelant d’abord la mission légale de la KBR, qui est l’obligation de conserver physiquement tout ce qui est publié par une source belge partout dans le monde, ce qui aujourd’hui représente un flux de plus de 150 documents par jour, sous diverses formes et sur divers supports (livres, journaux , images, médailles, manuscrits, dessins, gravures …).

La KBR occupe 160 personnes et, en tant qu’entité fédérale, gère un budget annuel de 16 millions d’Eur . Le bâtiment actuel date de 1954, il était à l’époque très moderne, conçu pour la conservation et la recherche. Il dispose de 7 ha de surface sur 17 étages, la majorité en sous-sol. Outre l’espace consacré à la conservation, il dispose de très belles salles de lecture. Son atout principal est son excellente situation au centre de Bruxelles près du métro, de la gare centrale, de parkings, de musées, et de façon générale au milieu de la principale zone touristique de Bruxelles. Il est donc d’un accès très aisé.

Les collections sont d’une très grande richesse, certaines remontant loin dans le passé : tout ce qui est antérieur à 1830 représente plus de 500 volumes. La pièce la plus ancienne date  de 150 ans avant Jésus-Christ. L’époque des ducs de Bourgogne est aussi très bien représentée avec des manuscrits aux riches enluminures. On y trouve aussi une riche collection de dessins et estampes de Bruegel … En fait, il est impossible de connaître  toutes les collections, le fonds contient plus de 8 millions de documents !

Aujourd’hui la fréquentation est de l’ordre de 100.000 visiteurs par an et se répartit entre 3 catégories :  les étudiants pour 40% (ils viennent essentiellement pour étudier dans le silence et le confort des salles de lecture), les chercheurs pour 25% et le grand public pour 35 %. En fait, on constate que seulement un gros quart consulte vraiment les livres ou documents.

Mais le monde change, et la KBR a compris qu’il fallait absolument évoluer, notamment pour faire face à d’éventuelles nouvelles missions. On parle de faire entrer dans le champ de la conservation toutes les publications en ligne, plus seulement physiques. Plusieurs pays européens le font déjà.

Dès lors Madame Lammens, qui a pris ses fonctions il y a 2 ans, a lancé en 2018, avec l’aide d’un consultant, une étude stratégique à l’horizon 2021 pour repenser complètement le rôle, les missions et l’organisation d’une bibliothèque nationale, qui doit d’ailleurs s’intégrer avec d’autres organismes similaires sur le plan international (Association des Bibliothèques d’Europe).

Le futur rôle de la KBR a été défini comme « mettre à la disposition une information large et intègre ».

Il s’agit donc de dépasser la pure conservation, qui reste importante et indispensable, mais de mettre aussi l’accent sur l’accès, la mise à disposition du contenu conservé, en le modernisant par l’utilisation des technologies les plus récentes.

L’étude des atouts et faiblesses, opportunités et menaces (l’analyse « SWOT » en anglais) a mené à définir 3 axes d’action :

  • Mettre en ligne sur internet le contenu indexé, ce qui suppose un gros effort de digitalisation ;
  • Favoriser au maximum la recherche grâce à des moyens incitatifs pour les chercheurs ;
  • Faire connaître la richesse des collections au grand public par des expositions, ce qui suppose un réaménagement du bâtiment, lequel n’est plus aux normes de sécurité dans cette matière.

En ce qui concerne le réaménagement du bâtiment, on prévoit une nouvelle salle d’accueil, un ensemble muséal sur 2 étages et un bloc consacré aux expositions temporaires sur 2 étages également. Par ailleurs, le palais de Charles de Lorraine et la chapelle de Nassau qui font partie du bâtiment pourront à nouveau être visitées.

On compte ainsi diversifier la fréquentation et notamment attirer de nombreux touristes parmi les 7 millions qui visitent Bruxelles chaque année.

Plusieurs expositions sont d’ores et déjà prévues ;

  • La collection de Charles de Lorraine, qui mettra l’accent sur le processus de production des livres …
  • Une exposition consacrée aux dessins et estampes de Bruegel
  • Les manuscrits aux riches enluminures des Ducs de Bourgogne.

En ce qui concerne le financement, il est probable que le budget évoluera peu,  car c’est un sujet qui semble peu intéresser nos hommes politiques.

Un appel au mécénat est lancé et l’ASBL « Les Amis de la KBR » apporte déjà une contribution bienvenue.

Lors du sympathique « walking dinner » qui a suivi la conférence et permis de rencontrer la conférencière, plusieurs nouvelles inscriptions à cette association ont été enregistrées.

 

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