Efficience de l'Etat

Un déficit public entraîne automatiquement un accroissement de la dette publique accumulée dans le passé : c’est de la « nouvelle dette » qui ira s’ajouter à la « dette du passé » .

En Europe en 2013, tous les pays ont une dette publique accumulée plus ou moins importante, la plupart des pays ont un déficit public , soit faible, soit élevé. 

Quelques rares pays ont un excédent public (Suisse, Norvège, Luxembourg) : dans ce cas la dette n’augmente pas, et elle peut diminuer si les pouvoirs publics décident d’affecter l'excédent à cette diminution.

Une dette publique très élevée a 2 conséquences :

1. un renchérissement du coût de la dette, dans la mesure ou moins d’investisseurs sont disposés à la financer ;

2. une diminution de la marge de manœuvre des pouvoirs publics quant à l’affectation des dépenses publiques, celles-ci devant en priorité repayer la charge de la dette accumulée, laissant moins de place pour les dépenses publiques « effectives ».

Dès lors, il y a 2 cas de figure pour le déficit public (la « nouvelle dette »):
 
1. Soit il est supérieur à la charge de la dette : cela veut dire que cette nouvelle dette finance non seulement le paiement de la charge de la dette, mais aussi une part des dépenses publiques effectives, ce qui se traduit par un « solde primaire » négatif : différence entre le revenu public et la dépense publique « effective » (çà d la dépense publique totale moins la charge de la dette) (voir le cas de la France).
 
2. Soit il est inférieur à la charge de la dette : cela veut dire que cette nouvelle dette ne finance que partiellement le paiement de la charge de la dette, le reste devant l’être par une diminution de la dépense publique « effective » permettant de dégager un « solde primaire » positif  . C’est en fait indispensable si on veut assainir la dette, mais au prix d’une diminution des dépenses publiques effectives (voir le cas de la Belgique) .
 

Les 3 cas ci-après montrent comment l'accumulation des déficits fait grimper la dette et réduit la marge de manoeuvre des pouvoirs publics.


 * Cas de la France

 

 

 

- Le revenu public total (impôts, taxes, cotisations sociales, revenus de participations de l'Etat ...) représente 52,9 % du PIB  (17.113 Eur par habitant)

- La dépense publique totale représente 57 % du PIB (18.401 Eur par habitant)

- Le déficit public total, çàd. la nouvelle dette de l'année 2013, représente donc 4,1 % du PIB (1.287 Eur par habitant)

- La charge de la dette accumulée dans le passé (intérêts et remboursements des échéances de 2013) représente 2,4% du PIB (777 Eur par habitant)

- La dépense publique effective çàd. la dépense publique totale moins la charge de la dette représente 54,6 % du PIB (17.623 Eur par habitant). Elle est la partie de la dette publique totale qui peut être consacrée aux dépenses "utiles" (services publics, protection sociale etc ...) , le solde étant consacré au paiement de la charge de la dette.

- La dépense publique effective est supérieure au revenu public total, il y a donc, non seulement un déficit global, mais aussi un déficit primaire de 1,7 % du PIB (510 Eur par habitant)

En conclusion, la nouvelle dette contractée en 2013 sert non seulement à  payer la charge de la dette du passé, mais en plus à financer une partie des dépenses effectives. Dans une telle situation, non seulement la dette va s'accroître mécaniquement en venant additionner la nouvelle dette à la  dette accumulée, mais elle n'ouvre aucune perspective d'amélioration puisqu'on continue à financer une partie des dépenses publiques effectives avec de la nouvelle dette.


* Cas de la Belgique

 

 - Le revenu public total (impôts, taxes, cotisations sociales, revenus de participations de l'Etat ...) représente 52,7 % du PIB  (18.564 Eur par habitant)

- La dépense publique totale représente 55.6 % du PIB (19.558 Eur par habitant)

- Le déficit public total, çàd. la nouvelle dette de l'année 2013, représente donc 2.9 % du PIB (997 Eur par habitant)

- La charge de la dette accumulée dans le passé (intérêts et remboursements des échéances de 2013) représente 3.5 % du PIB (1.221 Eur par habitant). Notons que cette charge est plus lourde que pour la France car la dette Belge est plus élevée d'environ 10 % de PIB.

- La dépense publique effective çàd. la dépense publique totale moins la charge de la dette représente 52.1 % du PIB (18.337 Eur par habitant). Elle est la partie de la dette publique totale qui peut être consacrée aux dépenses "utiles" (services publics, protection sociale etc ...) , le solde étant consacré au paiement de la charge de la dette.

- La dépense publique effective est inférieure au revenu public total, il y a donc, à côté du déficit global, un excédent primaire de 0,6 % du PIB (227 Eur par habitant)

En conclusion, la nouvelle dette contractée en 2013 sert exclusivement à payer une partie de la charge de la dette du passé, le reste de cette dette étant payé par l'excédent primaire. Dans une telle situation la dette va s'accroître mécaniquement en venant additionner la nouvelle dette à la  dette accumulée, mais il y a des perspectives d'amélioration parce qu'on a réussi une certaine maîtrise des dépenses publiques qui ne sont plus financées par de la nouvelle dette, ce qui a permis de dégager un excédent primaire.


* Cas de la Suisse

 - Le revenu public total (impôts, taxes, cotisations sociales, revenus de participations de l'Etat ...) représente 33,7 % du PIB  (21.640 Eur par habitant)

- La dépense publique totale représente 33.5 % du PIB (21.518 Eur par habitant)

- L' excédent public total représente donc 0.2 % du PIB (122 Eur par habitant)

- La charge de la dette accumulée dans le passé (intérêts et remboursements des échéances de 2013) représente 0.7 % du PIB (445 Eur par habitant).

- La dépense publique effective çàd. la dépense publique totale moins la charge de la dette représente 32.8 % du PIB (21.073 Eur par habitant). Elle est la partie de la dette publique totale qui est consacrée aux dépenses "utiles" (services publics, protection sociale etc ...)

- La dépense publique effective est inférieure au revenu public total, il y a donc, un excédent primaire de 0,9 % du PIB (567 Eur par habitant).

En conclusion, en maitrisant ses dépenses publiques, non seulement la Suisse peut financer intégralement les dépenses publiques effectives sans faire appel à de la nouvelle dette, mais l'excédent primaire ainsi dégagé permet de payer la charge de la dette et en plus de dégager un excédent global. Ainsi la dette n'augmentera certainement pas, mais de plus la Suisse a le choix de l'affectation de son excédent global, qui pourrait être, par exemple de diminuer la dette, ou encore de diminuer la pression fiscale sur ses citoyens.

  

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