Notions de base d'économie

Source : les notions concernant les différents types de biens sont principalement extraites de réf.1, Mankiw, chap.11 "Biens Publics et Ressources Communes"

 

Les biens et services échangés sur des marchés libres, çàd. la grande majorité des biens, sont des "biens privés", possédant 2 caractéristiques essentielles : (1) ils sont "exclusifs", çàd que la consommation du bien par quelqu'un empêche la consommation du bien par quelqu'un d'autre; (2) ils sont "confiscables", çàd. qu'il est possible d'empêcher quelqu'un de le consommer ou de l'utiliser. En voici quelques exemples : des cornets de crème glace, un repas au restaurant, une séance de cinéma, des vêtements etc...

 

En croisant ces 2 caractéristiques (voir tableau ci-après), on se rend compte qu'il existe 3 autres types de biens :

- les biens exclusifs mais non confiscables, lesquels sont appelés des "ressources communes". Par exemple les poissons dans les océans sont exclusifs, tout poisson pêché n'est plus disponible pour les autres pêcheurs, mais ils sont non confiscables, on ne peut pas empêcher les pêcheurs de les pêcher.

 

- les biens non exclusifs, mais confiscables, lesquels sont qualifiés de "monopoles naturels". Par exemple, la lutte contre l'incendie dans une ville n'est pas exclusive : les forces d'intervention sont dimensionnées de telle sorte que la protection accordée aux uns n'empêche pas les autres de faire appel aux pompiers. Par contre cette protection est confiscable : il est facile d'empêcher quelqu'un d'en bénéficier, il suffit de laisser sa maison brûler.

 

- les biens non exclusifs et non confiscables, lesquels constituent ce qu'on appelle les "biens publics". La consommation d'un bien public ne nuit pas à celle d'autrui et on ne peut empêcher personne de le consommer. La défense nationale est un exemple typique de bien public. Quand un pays se défend contre une agression extérieure, tous les citoyens sans exception sont défendus et le fait qu'un citoyen particulier soit défendu ne réduit pas la protection dont dispose le voisin.

 

 

 

Les marchés ont du mal ou n'arrivent pas à fournir des biens non privés de façon efficace. Par exemple, ils ne peuvent pas garantir que l'air que nous respirons est pur ou que notre pays sera défendu en cas d'agression étrangère. La société a délégué au gouvernement la responsabilité de protéger l'environnement et d'organiser la défense nationale.

Il faut remarquer que dans tous les cas où les marchés ne peuvent pas allouer efficacement les ressources, c'est parceque les droits de propriété sont flous ou inexistants : càd. qu'un bien, qui a pourtant de la valeur, n'appartient à personne en particulier, et que personne en particulier ne détient l'autorité légale d'en contrôler l'utilisation.

Quand un individu consomme une ressource commune, il réduit la quantité disponible pour les autres. Il s'agit en fait d'une externalité négative. Comme les gens ne paient rien pour l'utilisation des ressources communes, ils ont tendance à les consommer excessivement. Le gouvernement essaie donc d'en limiter la consommation. Il y a pour ce faire 3 solutions possibles :

(1) la réglementation, (2) la taxation, (3) le transformer en bien privé (c'est par ex ce qui se passe si on introduit un péage sur une route embouteillée).

Les biens publics quant à eux ne peuvent pas être privatisés à cause du problème du "passager clandestin", çàd. quelqu'un qui profite d'un bien sans payer pour ce bien .

Par exemple, il est impossible de faire payer les gens pour voir un feu d'artifices. Aucun organisateur privé ne peut "exploiter" de façon rentable cette activité, qui génère pourtant une externalité positive. Donc l'initiative privée ne peut pas satisfaire la demande, et si cette activité est jugée socialement désirable, c'est un pouvoir public qui devra prendre le relais et sponsoriser la manifestation, par ex. pour la fête nationale.

D'une façon générale, le gouvernement propose des biens publics s'il juge que le bénéfice social est supérieur au coût en les finançant par l'impôt. Il fait l'hypothèse qu'en agissant ainsi il améliore la situation individuelle de chacun, même si chaque individu qui en bénéficie n'était pas disposé à payer individuellement le coût pour lui-même. Pour décider de fournir un bien public dans une quantité donnée, le gouvernement doit se livrer à une analyse coût-bénéfice qui est en général très difficile à faire. Il est donc plus difficile de fournir des biens publics en quantité optimale que des biens privés.

 

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